Trois paires de chaussettes

Il y a quelques années, j’ai lu un livre de Haruki Murakami. Je ne me souviens plus du nom, de l’intrigue encore moins, mais un passage avait retenu mon attention.

Le personnage principal, quand il était stressé, anxieux, repassait son linge. J’ai lu ces quelques lignes avec le sourire. Murakami est un bon écrivain et ses descriptions de scènes banales sont toujours empreintes d’une douceur de vivre qui me touche.

Je n’y ai pas cru, je pensais que ça ne fonctionnerait pas sur moi. Et puis, j’ai commencé à porter attention aux faux-plis. À déboutonner. À toucher les vêtements avant de les repasser. J’aime acheter des chemises de qualité, j’ai changé de lessive à ce moment-là pour protéger les tissus. Défroisser les manches, étendre le col, le poser bien à plat, passer le fer vapeur… je me suis pris au jeu.

Avant d’avoir le temps de comprendre, en moins de deux mois, j’étais accro au repassage. Moi, qui avais traversé toute l’adolescence dans une marée de fringue sales étendues par terre, avec mes douches aléatoires, ma compréhension tardive de l’intérêt du déodorant. Sacré Murakami !

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Saveur citron

Un texte pour lequel j’ai beaucoup d’affection

 

La place du café est sans doute la plus belle de la ville. Des pavés apparents au sol – comme les poutres apparentes dans les maisons, sauf que ceux-ci on peut les toucher – des murs de crépi jaune, trois arbres au large feuillage et des gens qui savent prendre le temps de vivre.

Février vient de nous quitter et déjà la température s’envole, le mercure frise la vingtaine de degrés. On se croirait dans le Sud, et marcher dans ces pays du Sud, le soir, le long des routes et des maisons, à attendre la nuit, à entendre la ville, à regarder les gens, à goûter les fruits, à rêver, j’aime.

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