La magie ordinaire

Un vide vertical
Pour y goûter des lèvres
Un alcool océan
Sur la plage assoupie

Une pelouse bleue
Toutes les fleurs s’agitent
Car aujourd’hui la pluie
Et le vent son amant

Un oiseau mécanique
Maraude autour des ruches
Le filet dans ta main
Est un gourdin clouté

Un village cascade
Sous le clair de midi
Pour nous deux tu le peins
De toutes les couleurs

Les hebdomadaires – 2019 05 12

Bonjour lecteurs, lectrices,

Toujours à bricoler et expérimenter, je me suis remis à écrire par petits bouts. Quelques minutes par jour au moins.

J’ai rassemblés les textes de la semaine dans un fichier epub que vous pouvez télécharger ici (ou bien ici en .pdf)

On verra quelle forme ça prendra. Ça m’a fait plaisir de les écrire et de les poster ici, c’est le principal :)

Bonne semaine,

FrancoisB**

Les graminées

Une année déjà depuis le post sur le projet Bradbury.
J’ai écrit pendant cette année, mais surtout sur cahier.
On verra ce que réservent ces mois à venir…

Un test d’epub que vous pouvez télécharger ici.

 

Ils s’en vont par le vent, poussés dans le flux invisible, pour atterrir sur le sol, ou sur notre peau. Éléments étrangers, trop vite classés en ennemis par le corps, ils déclenchent l’alarme et rendent notre vie difficile.

Et pourtant, qui d’autre pourrait mieux se répandre dans la prairie ? Ni l’herbe, ni les pissenlits, les orties, les ronces, les trèfles, les liserons, ni les chardons, rampants, avec leurs petites fleurs et leurs pollinisateurs en perte de vitesse, ne peuvent parcourir les distances comme les graminées. Que des graines se prennent dans le plumage d’un oiseau, dans les plis du pantalon d’un promeneur, et ce sont des centaines de mètres gagnés, en une année, sur le territoire d’autres espèces.

Alors, quand on est face au rhume des foins, au réchauffement climatique et au devoir de s’exposer en sortant de son logement calfeutré, que faire ?

Asperger le monde de produits chimiques pour faire disparaître ces plantes est une solution de court-terme, onéreuse, inefficace et surtout nocive.

Se désensibiliser prend du temps et ne règle qu’individuellement un problème affectant la population de manière globale un peu plus chaque année.

Une hypothèse dans l’augmentation de la prévalence, est que le réchauffement climatique, en bouleversant les saisons, incite les plantes à se montrer plus agressives dans leurs stratégies de reproduction. Un retour aux normales climatiques, ou du moins à un hypothétique et indéfini “avant”, serait donc une piste d’amélioration pour les patients. Mais les efforts collectifs nécessaires dépassent de loin l’action individuelle possible ou la volonté des acteurs publics étatiques ou privés de s’engager dans un tel processus. De plus, les effets ne seraient pas visibles avant au moins un siècle.

En attendant les médicaments ou les vaccins des compagnies pharmaceutiques, on peut rêver à d’autres solutions : tomber enceinte, migrer vers le nord, remplacer des espèces allergisantes par d’autres, prier, croire en l’homéopathie.

Paradoxalement, c’est en vivant coupé de la nature qu’on serait le moins atteint. Dans une ville de bitume, béton, métal et verre, peut-être très belle, coupée de la campagne et des forêts, à des kilomètres de distance, sans en sortir durant les saisons dangereuses, allant à notre vie humaine au contact d’autres humains ou avec nos machines, nous ne souffririons presque pas.

Blog 42 et projet Bradbury

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Bonjour,

Ça fait longtemps.

J’ai envie de partager aujourd’hui le site d’un écrivant, Neil Jomunsi. Il a joliment nommé son site Projet 42. Il évoque deux sujets qui me plaisent : la création littéraire libre et ses deux projets Bradbury.

Le projet Bradbury, c’est écrire 52 nouvelles en 52 semaines, en suivant le conseil donné un jour par Ray Bradbury.

Ces derniers temps, j’ai songé à revenir sur le blog avec un projet similaire et avoir trouvé le site de Neil me conforte dans cette idée.

Bonne chance à tous les écrivants dans leurs projets !

François Bournhonesque

Triolets

J’ai posé les yeux sur un monde
Formé de courbes et d’encens
Tu m’as rejoint sous la rotonde
J’ai posé les yeux sur un monde
Compris que notre Terre est ronde
Pour te rattraper en dansant
J’ai posé les yeux sur un monde
Où la lune vivait croissant

La musique écoute le fleuve
Descendre sans fin à Paris
Monte avec lui faire peau neuve
La musique écoute le fleuve
Vois-tu les hommes qu’on abreuve
D’alcool et de jeunes souris
La musique écoute le fleuve
Et chante pour les sans-abris

La nuit tombe, la chaleur part
S’émietter en occident
Dans ma poitrine cuit le lard
La nuit tombe, la chaleur part
Hey petit gars viens il est tard
Bois la vie, souris de tes dents
La nuit tombe, la chaleur part
Le lit est doux car tu m’attends

Viens vers moi la catin
Qui trousse sur la table
Viens manger dans ma main
Viens vers moi la catin
Glissons jusqu’au matin
Sur tes hanches de sable
Viens vers moi la catin
Elle était formidable