Les graminées

Une année déjà depuis le post sur le projet Bradbury.
J’ai écrit pendant cette année, mais surtout sur cahier.
On verra ce que réservent ces mois à venir…

Un test d’epub que vous pouvez télécharger ici.

 

Ils s’en vont par le vent, poussés dans le flux invisible, pour atterrir sur le sol, ou sur notre peau. Éléments étrangers, trop vite classés en ennemis par le corps, ils déclenchent l’alarme et rendent notre vie difficile.

Et pourtant, qui d’autre pourrait mieux se répandre dans la prairie ? Ni l’herbe, ni les pissenlits, les orties, les ronces, les trèfles, les liserons, ni les chardons, rampants, avec leurs petites fleurs et leurs pollinisateurs en perte de vitesse, ne peuvent parcourir les distances comme les graminées. Que des graines se prennent dans le plumage d’un oiseau, dans les plis du pantalon d’un promeneur, et ce sont des centaines de mètres gagnés, en une année, sur le territoire d’autres espèces.

Alors, quand on est face au rhume des foins, au réchauffement climatique et au devoir de s’exposer en sortant de son logement calfeutré, que faire ?

Asperger le monde de produits chimiques pour faire disparaître ces plantes est une solution de court-terme, onéreuse, inefficace et surtout nocive.

Se désensibiliser prend du temps et ne règle qu’individuellement un problème affectant la population de manière globale un peu plus chaque année.

Une hypothèse dans l’augmentation de la prévalence, est que le réchauffement climatique, en bouleversant les saisons, incite les plantes à se montrer plus agressives dans leurs stratégies de reproduction. Un retour aux normales climatiques, ou du moins à un hypothétique et indéfini “avant”, serait donc une piste d’amélioration pour les patients. Mais les efforts collectifs nécessaires dépassent de loin l’action individuelle possible ou la volonté des acteurs publics étatiques ou privés de s’engager dans un tel processus. De plus, les effets ne seraient pas visibles avant au moins un siècle.

En attendant les médicaments ou les vaccins des compagnies pharmaceutiques, on peut rêver à d’autres solutions : tomber enceinte, migrer vers le nord, remplacer des espèces allergisantes par d’autres, prier, croire en l’homéopathie.

Paradoxalement, c’est en vivant coupé de la nature qu’on serait le moins atteint. Dans une ville de bitume, béton, métal et verre, peut-être très belle, coupée de la campagne et des forêts, à des kilomètres de distance, sans en sortir durant les saisons dangereuses, allant à notre vie humaine au contact d’autres humains ou avec nos machines, nous ne souffririons presque pas.

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