De soie et d’air pur

Texte inspiré par un passage du « mariage entre les zones 3, 4 et 5 » de Doris Lessing.

À l’heure des ombres et du parfum citronnelle, je traquais la liberté jusque dans les hautes herbes, je cueillais les reflets des lacs et je collectionnais les nuages. Mon esprit effleurait le réel pour bâtir sur ma friche intérieure les prémices d’un temple. En escaladant les colonnes, je m’élevais dans le bleu.

Mes parents avaient l’art de planter les murs en rangées de bambous. Ils se déplaçaient dans la lumière, éclaircissant des chemins connus d’eux seuls pour mieux dorer ma prison. Sur ma tête, on posa un casque de soie. Chaque jour se fixait davantage de rosée sur les fils. Son poids et sa brillance me détournèrent des nuées.

Si le temps a coulé sur mes tempes et riveté ce casque à ma peau, je n’ai pas oublié les frissons blancs de l’aurore ou des étoiles apprêtées en constellations. Alors, d’un geste d’une infinie tendresse, je ceins le front de mon fils d’une couronne d’air pur et je pleure en caressant ce sol dont je ne peux détacher mon regard.

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